La route de Monastir à Mahdia
Cinquante-cinq kilomètres séparent Monastir de Mahdia, soit environ quarante-cinq minutes de route. Le trajet longe la côte en traversant plusieurs localités du Sahel, dont Ksar Hellal et Moknine, connues pour leur activité textile et leurs souks.
La route est en bon état et sans difficulté particulière. Elle traverse cependant des zones habitées où la vitesse est limitée et où des ralentisseurs non signalés sont fréquents : restez vigilant, notamment à l'approche des villages.
Une alternative consiste à emprunter la route intérieure, légèrement plus rapide mais nettement moins intéressante sur le plan du paysage.
Ce trajet illustre bien l'intérêt de disposer d'un véhicule dans le Sahel : Mahdia est desservie par le train depuis Monastir et Sousse via le métro du Sahel, mais la ligne est lente et ne dessert ni les plages excentrées ni les villages de l'intérieur.
La médina et la Skifa el Kahla
Mahdia possède l'une des médinas les plus singulières de Tunisie, et pour une raison géographique : elle occupe une étroite presqu'île s'avançant dans la mer, entourée d'eau sur trois côtés.
L'entrée se fait par la Skifa el Kahla, la « porte sombre », vestige monumental des fortifications fatimides du Xe siècle. Le passage voûté qui la traverse, long de plusieurs dizaines de mètres, protégeait autrefois l'accès à la cité. C'est aujourd'hui l'un des monuments les plus photographiés du pays.
Au-delà, la médina se parcourt à pied en une heure ou deux. Elle est nettement moins touristique que celle de Sousse : les habitants y vivent normalement, les commerces s'adressent d'abord à eux, et la pression commerciale est bien moindre.
En poursuivant jusqu'à la pointe, on atteint le Cap Afrique, où subsistent un cimetière marin et un phare. Le contraste entre la pierre ocre et le bleu de la Méditerranée y est particulièrement photogénique en fin de journée.
Le stationnement se fait à l'extérieur des murs : n'entrez pas en voiture dans la médina.
Les plages de Mahdia
C'est la principale raison pour laquelle les Tunisiens eux-mêmes choisissent Mahdia plutôt que Sousse ou Hammamet.
Le littoral au nord de la ville présente de longues étendues de sable clair, avec une eau particulièrement limpide. La densité hôtelière y est bien inférieure à celle des grandes stations, ce qui laisse de vastes portions de plage libres, même en haute saison.
La zone touristique s'étend au nord, avec plusieurs établissements de bord de mer. Mais en poursuivant quelques kilomètres en voiture, on trouve encore des plages quasiment désertes en semaine.
C'est précisément ce que la voiture permet et que l'excursion organisée ne permet pas : dépasser le premier parking et continuer jusqu'à trouver l'endroit qui vous convient.
Quelques précautions : peu de plages disposent de surveillance, et les commodités sont rares en dehors des zones hôtelières. Prévoyez eau, ombre et ravitaillement.
Le port de pêche et la question du poisson
Mahdia abrite l'un des ports de pêche les plus actifs de Tunisie, et c'est une expérience à part entière.
Le retour des bateaux, en fin de matinée, donne lieu à une criée animée sur le quai. On peut y assister librement, à condition de ne pas gêner le travail en cours.
Plusieurs restaurants proches du port servent le poisson du jour à des prix nettement inférieurs à ceux des zones touristiques de Sousse ou de Port El Kantaoui. Le principe est simple : on choisit le poisson à la pièce, il est pesé, puis grillé.
Un conseil pratique : demandez toujours le prix au kilo avant de faire votre choix. Ce n'est pas de la méfiance mais l'usage local normal, y compris pour les Tunisiens.
La voiture prend ici tout son sens : déjeuner au port de Mahdia puis rentrer à Monastir dans l'après-midi constitue une sortie parfaite, impossible à organiser confortablement en transport public.
Combiner Mahdia et El Jem dans la même journée
C'est l'itinéraire que nous recommandons le plus souvent à nos clients, car il combine deux sites de nature très différente.
El Jem se trouve à environ quarante minutes de Mahdia par l'intérieur des terres. La ville abrite l'un des amphithéâtres romains les mieux conservés au monde, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Sa taille surprend : il pouvait accueillir plus de trente mille spectateurs, dans une région aujourd'hui rurale.
Contrairement au Colisée de Rome, on y circule librement, y compris dans les galeries souterraines. La fréquentation est faible en dehors des mois d'été, ce qui permet une visite d'une heure et demie dans des conditions rares.
L'organisation optimale consiste à partir tôt de Monastir, visiter El Jem en matinée quand la chaleur reste supportable, puis rejoindre Mahdia pour déjeuner au port et passer l'après-midi à la plage avant de rentrer.
Cette boucle représente environ 150 kilomètres au total sur la journée — parfaitement raisonnable, et impossible à réaliser sans véhicule.